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Doctolib et l’IA, vos données médicales non anomisées seront étudiées dès août, voici comment refuser

Pas de demande préalable de consentement

Doctolib va lancer en août 2026 un programme de recherche consacré à l’amélioration des parcours de soins grâce à l’intelligence artificielle. Mené avec l’Inria, l’Inserm et Université Paris Cité, ce projet doit déterminer si l’analyse de l’historique médical peut aider à anticiper certains risques et à mieux coordonner la prise en charge des patients. 

Si l’idée est sur le papier intéressante, ses implications le sont beaucoup moins. L’annonce, envoyée par courriel aux utilisateurs, suscite de fortes inquiétudes. En effet la nature très sensible des informations pouvant être étudiées est alarmantes. Doctolib prévoit d’exploiter certaines de vos données enregistrées dans ses services sans vous demander au préalable de consentement explicite.

Comment cela peut-être possible ? L’entreprise s’appuie sur le caractère d’intérêt public de la recherche et sur la méthodologie MR-004 définie par la Cnil.

Doctolib va analyser toutes vos données médicales.

Le champ des informations exploitées va étre très vaste allant des antécédents médicaux aux diagnostics en passant par les traitements, les médicaments, les ordonnances, vos réponses à des questionnaires, vos courriers d’adressage, ainsi que certains de vos documents et images. A cela s’ajoute aussi les données que vous ajoutez dans la rubrique « Santé » de votre compte.

Doctolib affirme naturellement que seules les données strictement nécessaires seront retenues. Mieux encore toutes ses données vous concernant ne seront pas anonymisées, mais pseudonymisées. EN claire elle resteront associées à votre identité. Votre nom sera remplacé par un identifiant afin que la chercheuse chargée du projet ne puisse pas connaître directement votre identité. Cette approche est plus très dangereuse puisqu’elle permet de relier entre elles les informations afin de reconstituer votre parcours médical. En cas de piratage ou de mauvaise attention, les conséquences peuvent étre dramatiques (assurance, employeur…)

L’entreprise précise que les modèles d’IA fonctionneront dans son infrastructure européenne certifiée pour l’hébergement des données de santé. Pour ce projet, seules les données de patients majeurs seront utilisées et leur conservation pourra atteindre cinq ans.

Doctolib, comment s’opposer à l’utilisation de ses données ?

Vous avez un droit d’opposition et ce refut ne ferme pas votre compte Doctolib et n’empêche pas de continuer à prendre des rendez-vous. Le formulaire en question reste cependant difficile à trouver sur l’application, est-ce un hasard ? Difficile de répondre mais voici LE lien direct pour refuser la réutilisation de vos données personnelles, ou de celles d’une personne dont on est le représentant légal : formulaire officiel d’opposition de Doctolib.

Ce formulaire vous demande votre nom, prénom et date de naissance. Il reste également possible de demander l’accès, la rectification, la limitation ou la suppression de ses données en écrivant à contact.dataprivacy@doctolib.com.

Après la finalisation des recherches, l’effacement pourra toutefois ne plus être possible afin de préserver la validité scientifique des résultats.

Jérôme Gianoli

Aime l'innovation, le hardware, la High Tech et le développement durable. Soucieux du respect de la vie privée.

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4 commentaires

  1. Il y a des tas de choses qui ne vont pas avec le projet de Doctolib. Tout d’abord les données que Doctolib va « confier » à l’IA c’est un peu comme si BlaBlaCar (qui est un service de covoiturage comme Doctolib est un service de prise de rendez-vous médicaux en ligne) était en possession non seulement des informations personnelles de ses utilisateurs, de tous les trajets qu’ils effectuent en covoiturage mais aussi qu’il connaissait en détail le contenu de leurs valises et les raisons pour lesquelles ils effectuent leurs trajets. En effet après avoir proposé dans un premier temps aux médecins un simple service payant de prises de rendez-vous Doctolib a ensuite mis à leur disposition une « suite tout-en-un » comprenant, en plus des prises de rendez-vous, un agenda en ligne, des outils de facturation, d’édition d’ordonnances et surtout un logiciel médical permettant le suivi des dossiers patients comprenant l’historique, les antécédents et les prescriptions. Et donc Doctolib qui à ses débuts était proche des services de réservation en tous genres, qui est devenu une licorne mais qui, il faut rappeler n’est en aucune façon un organisme de santé, veut aujourd’hui confier les données qu’il possède à l’IA pour soi-disant développer des outils d’aide à la décision clinique pour les soignants afin d’optimiser la prise en charge des patients. Certes il va faire ça en partenariat avec des organismes publics mais le fait qu’il en ait pris l’initiative peut interroger et même si les résultats du projet ne seront peut-être pas inintéressants il restera à savoir de quelle manière ils seront utilisés par exemple quand on parle d’améliorer le parcours de soins. Et puis chose incroyable alors que l’on dit aux patients de quelle manière ils peuvent s’opposer au fait que leurs données de santé soient utilisées par Doctolib, je n’ai vu nulle part une seule réaction des 230.000 soignants (dont 50.000 médecins) qui en France utilisent les services de Doctolib, comme s’ils étaient incapables d’avoir un avis sur le sujet, alors qu’ils sont directement concernés puisque ce sont eux qui alimentent les données qui vont être confiées à l’IA. En conclusion même si paraît-il Doctolib ne gagnera pas d’argent grâce à ce projet en le développant son but était sûrement de convaincre le public qu’il est une entreprise bienveillante alors que selon moi il serait plutôt une entreprise qui outrepasse ses droits.

  2. Bonjour,

    Es que cela concerne ceux qui, par irrespect total des “professionnels” de santé, utilisent cette plateforme pour inscrire les rendez-vous pris par téléphone ?
    Je n’ai jamais fais de compte sur ce nid d’espion ni même accepté quelconque CGU et pourtant, mes données personnelles se sont déjà retrouvées sur leurs serveurs suite à un simple appel téléphonique.

    Suis-je concerné ?

    Cordialement.

  3. [ Mené avec l’Inria, l’Inserm et Université Paris Cité, ce projet
    doit déterminer si l’analyse de l’historique médical peut aider à
    anticiper certains risques et à mieux coordonner la prise en charge
    des patients. ]

    Une belle brochette d’enclumés woke encartés chez les centristes de la
    raie qui n’ont clairement aucune limite sous la monarchie ripoublicaine
    MacRon…

  4. [ EN claire elle resteront associées à votre identité. Votre nom sera
    remplacé par un identifiant afin que la chercheuse chargée du projet ne
    puisse pas connaître directement votre identité. ]

    La blague woke comme pour la discrimination viscérale nationale aux
    examens dont nombre de correcteurs surveillants refusent de ramasser
    les copies de candidats n’ayant pas inscrit sur leur feuille nom et
    prénom en supplément du numéro d’étudiant afin de s’affranchir du
    contrôle académique à défaut de disposer de complicité en haut lieu
    au regard des enjeux sociaux et des privilèges (cf. emplois à vie et
    régimes spéciaux de retraite) au sein de la ponction publique…

    Vive la corruption des zélites!

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