Censure, flou et polémique : le cas HORSES interroge sur l’industrie du jeu vidéo
Pourquoi Steam et Epic censurent ce titre ?
Cette fin d’année 2025 s’accompagne d’un dossier déroutant dans l’actualité du jeu vidéo. Il concerne HORSES, un titre d’horreur indépendant signé Santa Ragione.
Le studio italien à l’origine de Mediterranea Inferno en 2023 propose aux joueurs d’incarner un jeune homme employé durant l’été dans une ferme équestre. Malheureusement tout ne se passe pas comme prévu. Il va faire face à des pratiques aussi étranges qu’inquiétantes. Mais avant même sa sortie, prévue mardi dernier, le jeu s’est retrouvé au centre d’un imbroglio qui interroge et interpelle sur la manière dont les grandes plateformes de distribution gèrent les contenus jugés sensibles.
HORSES, un contenu jugé problématique par certains
HORSES a d’abord été interdit sur Steam, la plus grande boutique de jeux PC au monde. Le bannissement remonterait à 2023, mais l’affaire n’a éclaté que ces derniers jours. Selon Santa Ragione Valve n’aurait jamais donné d’explications détaillées se contentant seulement de citer sa politique interdisant tout contenu qui « semble représenter un comportement sexuel impliquant un mineur ». De plus nous apprenons que Steam précise aussi que toute nouvelle soumission est impossible, même modifiée. La sentence est définitive.
Le studio explique cependant qu’une unique scène, montrant à l’origine un enfant sur les épaules d’un « cheval » (dans le jeu, les chevaux sont des humains nus réduits en esclavage et masqués), a été entièrement modifiée depuis longtemps. Il aurait été remplacée par un adulte. Santa Ragione ajoute que cette scène n’est en aucun cas sexuelle. Le jeu aborde la nudité et certains thèmes sexuels, mais dans une logique de tension psychologique, non d’érotisme.
Sans discussion possible avec Steam, le titre a tenté de trouver sa route vers l’Epic Games Store qui au dernier moment à fait machine arrière. Malgré une classification PEGI 18 et ESRB M obtenue cinq semaines auparavant via l’IARC HORSES a été retiré du catalogue à la dernière minute. Selon Epic le titre s’accompagne de « représentations explicites de comportements sexuels » et fait une « promotion de maltraitance animale ». Ces deux arguments sont réfutés par Santa Ragione rappelant que la nudité est pixelisée et que le propos du jeu est précisément une critique de la violence et de l’exploitation.
Enfin Humble a également suspendu la vente sans fournir la moindre explication, alors que le studio affirme qu’on lui avait initialement assuré le contraire.
Horses profite de l’effet Streisand
Tout ceci est à l’origine d’une affaire qui prend de l’importance au point de déclenché un effet Streisand. Cette médiatisation du bannissement a propulsé le jeu en tête des ventes sur GOG et itch.io, les deux plateformes qui le distribuent toujours. D’un point de vue économique c’est une dorte de bénédiction pour Santa Ragione, dont la situation financière est devenue critique à cause du blocage de Steam.
Cette affaire est intéressante car elle soulève des questions sur l’avenir de la création et de la prise de position. En clair comment créer des œuvres “expérimentales” lorsque les grands canaux de distributions peuvent à l’aide de leurs interprétations opaques fermer la porte sans aucun appel possible ?





