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Cambridge Analytica, Facebook dévoile son vrai visage

Le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, a finalement brisé le silence autour de l’affaire Cambridge Analytica. La firme ne donne pas beaucoup d’explication. Il est cependant promis un plan d’action afin de mieux sécuriser les données personnelles de ses utilisateurs.

Il a fallu attendre cinq jours et l’ouverture de multiples enquêtes en Europe et aux Etats Unis pour que le PDG de Facebook daigne prendre la parole. A cette occasion, il a dévoilé un plan d’action. Il s’agit de différentes mesures pour mieux protéger les données des utilisateurs du réseau social.

Si la communication est bien menée, ce fameux plan d’action n’est autre qu’un aveu d’une politique laissant ouverte une porte vers le « saint graal » de l’économie moderne. Facebook ne fait que remettre de l’ordre dans son dossier dont il est le seul et l’unique responsable. Justement, responsable de la protection des données de plus de 2 milliards d’utilisateurs, Facebook admet avoir « fait des erreurs ». Sans détour, le géant explique qu’il est désormais conscient que la situation engendre une « rupture de confiance ».

Mark Elliot Zuckerberg, cofondateur du réseau social Facebook dont il est le président-directeur général.

Mark Elliot Zuckerberg, cofondateur du réseau social Facebook dont il est le président-directeur général. Fortune personnelle : 67,7 milliards USD (2018) Forbes, Tendances

Il faut dire que l’affaire Cambridge Analytica est un « monstre » dévoilant l’envers d’un décor d’une firme vivant grâce à la monétisation des données de ses utilisateurs. L’affaire « Cambridge Analytica » concerne le vol de données de 50 millions d’utilisateurs afin d’établir des profils psychologiques. Pourquoi me direz-vous ? Tout simplement pour monétiser ses services à l’équipe de Donald Trump afin de conquérir le cœurs d’électeurs à l’aide de publicités ciblées lors de la campagne électorale.

Cette découverte n’est en soit par une surprise puisque de manière générale il y a de gros problèmes vis-à-vis des données personnelles et de leurs manipulations. Les enjeux sont primordiaux.

Mark Zuckerberg déclare peut-être un peu tard d’« être désolé » .

Facebook, un plan d’action rectifiant sa politique

Le plan d’action annoncé comporte trois volets. Le premier va tenter de découvrir si d’autres applications ont le potentiel de l’affaire Cambridge Analytica. Mark Zuckerberg précise sur CNN « Nous devons nous assurer qu’il n’y a pas d’autres Cambridge Analytica dans la nature ». Il existe aujourd’hui des dizaines de milliers d’applications qui ont eu accès à des quantités importantes de données avant 2014.

Facebook avoue sans vraiment le vouloir que ces fameuses données ont été distribuées de manière anarchique sans vraiment de contrôle sinon pourquoi vouloir enquêter ?  Nous n’avons pas de précision sur la manière d’accès à ces informations (gratuit, payant…). Sans être précis le PDG explique que si des « activités suspicieuses » sont détectées un audit sera alors réalisé. Là encore l’obscurité règne, nous parlons portant de données d’utilisateurs. Ne sont-ils pas en droit de savoir ce qui est fait avec leurs informations ? Qu’est qu’une activité suspicieuse ? Qui détermine ce qui est bien ou mal ?

Facebook compte également fermer un peu plus les robinets qu’il a laissé ouvert aux développeurs. En clair ces derniers auront normalement des accès plus réduits aux données. Il y a ici un peu plus de clarté puisque seuls le nom, l’adresse e-mail et la photo d’un profil seront accessible aux applications.

Attention tout de même Facebook ne fait absolument pas marche arrière. Il sera toujours possible de récolter en masse des données plus sensibles comme « l’affiliation religieuse ou l’orientation sexuelle ». Désormais la signature d’un contrat sera nécessaire ainsi que des « relations directes avec chacun des développeurs ».

Le dernier point concerne la transparence. Le réseau social prévoit de mettre en avant un outil afin de mieux informer ses utilisateurs sur l’utilisation de leurs données.  Il permettra de prendre connaissance des applications tierces autorisées et surtout de leur couper les accès.

Facebook, des questions sans réponse

Tout ceci ne pèse cependant pas bien lourd face à cette affaire.  Il y a bien d’autres questions sans réponse. Pourquoi Facebook n’a pas prévenu les victimes lors qu’il a découvert les agissements de Cambridge Analytica en 2015 ? Mark Zuckerberg a complètement ignoré cette question mais elle dérange c’est certain. Le réseau promet que désormais il informera les personnes concernées par des applications « abusives ».

Si des doutes étaient permis sur la « nature » des utilisateurs de Facebook, cette histoire confirme que sa communauté n’incarne nullement les clients du groupe, elle est son produit.

À propos Jérôme Gianoli

Journaliste issu d’une formation scientifique. Aime l'innovation, la High Tech et le développement durable. Soucieux du respect de la vie privée.

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