Politique et économie

Free Mobile : Bilan et conséquences

Les trois opérateurs mobiles historiques ont livré leur résultat financier concernant le premier trimestre 2012, période où Free Mobile et sa politique Low Cost ont déclenché une panique générale.

Marché de la téléphonie : une transformation violente en trois mois.

L’ARCEP, lors de la publication de son étude sur le marché des services mobiles, l’avait annoncé, Free Mobile est à l’origine d’un véritable bouleversement.

En l’espace d’un peu moins de trois mois, la hausse de clients mobiles en France métropolitaine est de 6,1% tandis que le nombre de résiliation a explosé accompagné d’une hausse de 260% des demandes de portabilité. Leur nombre est passé de 1 million au premier trimestre 2011 et 2,6 millions sur la même période en 2012.

Les trois opérateurs sont touchés.

Aucun des trois opérateurs n’a été épargné. Orange, SFR et Bouygues Télécom indiquent des pertes respectives de 387 000, 274 000 et 210 000 abonnés mobiles. L’impact est encore plus important en prenant en compte les prépayés puisque ces chiffres grimpent à 615 000, 620 000 et 379 000 clients.

Free Mobile est à la fête : c’est du jamais vu selon lui.

Free Mobile est de son côté à la fête puisqu’il affiche des résultats dans le vert. Dans une interview avec le Figaro, Thomas Reynaud, directeur financier de Free savoure cette victoire  « Jamais dans le monde, un nouvel entrant, arrivant de surcroît sur un marché mature, n’a gagné 4% du marché en 80 jours. C’est du jamais vu! ” .

La politique tarifaire du groupe et la philosophie « SIM Only »  a permis le recrutement de 2,6 millions d’abonnés en l’espace de 80 jours seulement. L’Iliad souligne que la répartition est équilibrée entre les deux forfaits proposés, celui à 19,99 euros pour de l’illimité avec un « fair use » de 3 Go et celui à 2 euros pour une heure de conversation et soixante SMS.

L’heure est désormais à l’action chez la concurrence.

Pour Bouygues Télécom, il est désormais nécessaire de mettre en place un plan d’économie de 300 millions d’euros basé sur des renégociations de contrats avec ses sous-traitants, centres d’appels et réseaux de distribution indépendants. Challenges estime que ce vaste plan pourrait avoir un impact sur 3.000 emplois.

SFR est dans la même optique avec l’évocation d’un « projet d’adaptation ». Cette étude est présentée comme  un moyen d’ajuster « des structures de l’entreprise » pour faire face « au nouveau contexte du secteur des télécoms».  Dans un communiqué, la CFDT évoque que d’ici la fin 2012, 500 suppressions de postes pourraient avoir lieu. L’opérateur a également décidé de se battre sur la question des tarifs avec l’annonce d’un nouveau forfait illimité avec accès internet à 19,99 euros dans sa gamme RED.

Dans sa 12ème édition de sa synthèse annuelle des grands enjeux de l’économie numérique, l’institut de l’audiovisuel et des télécoms en Europe, l’Idate, met en avant que le lancement de Free Mobile ne sera pas sans conséquence. L’opérateur risque d’être à l’origine d’ “un recul violent des revenus du secteur et des marges des opérateurs”

Jérôme Gianoli

Journaliste issu d’une formation scientifique. Aime l'innovation, la High Tech et le développement durable. Soucieux du respect de la vie privée.

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