Politique et économie

L’Hadopi et ses sanctions se font connaître aux péages

Les choses s’accélèrent du côté de la Haute Autorité pour la Diffusion des Oeuvres et la Protection des droits sur Internet. Un récent communiqué indique le lancement d’une campagne de sensibilisation sur la mise en route prochaine de la Hadopi. Des dépliants explicatifs vont être distribués aux péages des autoroutes françaises durant les deux prochains Week End de la fin août.

La Hadopi, en charge d’étouffer certains usages d’Internet représentés par le partage d’œuvres protégées par le droit d’auteur, pratique nommée aussi « le téléchargement illégal », dévoile le lancement de sa première campagne pédagogique. Elle se base sur la distribution gratuite de dépliants expliquant son rôle et tout le processus mis en place pour freiner le téléchargement illégal en France.

Le discourt pédagogique s’appuie sur plusieurs points :

    • L’explication des deux missions de la HADOPI :

      “Encourager le développement d’une offre respectueuse du droit d’auteur et informer l’internaute qu’il doit protéger son accès internet afin d’éviter que cet accès ne soit utilisé à des fins de contrefaçon.”

    • Un rappel de ce qui se cache derrière une œuvre :

      “Une œuvre implique toute une chaîne de métiers. Elle s’écoute grâce à des ingénieurs du son, des interprètes, des producteurs. Elle se regarde grâce à des cadreurs, des réalisateurs, des maquilleurs. Elle se vit grâce à des programmeurs, des régisseurs, des distributeurs… Toute cette filière a des droits. Des droits qui bénéficient à la fois à ceux qui créent l’œuvre, l’interprètent, la financent, c’est à dire à ceux qu’on appelle les ayants droit. La diffusion d’une œuvre constitue le principal revenu de toutes ces personnes. Utiliser une œuvre sans autorisation c’est donc les priver de leur rémunération. Un comportement responsable dans l’accès aux œuvres, c’est un choix qui respecte leur créativité, leur travail et leur juste rémunération.”

    • L’arrivée d’un label “Hadopi offre légale” :

      “il sera plus facile d’identifier les offres respectueuses du droit d’auteur. Il existe aujourd’hui sur Internet des sites qui garantissent la qualité et l’authenticité des contenus et mettent en avant la créativité des auteurs. L’une des missions de service public de l’Hadopi est d’identifier ces supports. Ainsi, grâce au label, l’internaute pourra faire le choix d’une pratique responsable et respectueuse de la filière.”

    • D’une explications de la réponse graduée avec un beau schéma que voici :

    • D’une justification de l’apparition d’un moyen de protection de sa ligne internet et surtout de comment accomplir cette mission :

      “Pour sécuriser son accès à Internet, l’abonné peut :

      • Protéger son poste grâce à un mot de passe,
      • Installer des logiciels tels que le contrôle parental,
      • les anti-virus ou les pare-feu,
      • Protéger son wifi en utilisant une clé WPA.

Ce type de service est proposé par les concepteurs de moyens de sécurisation (fournisseurs d’accès à internet et autres).”

  • Et enfin de la présentation du label “Hadopi moyens de protection”.

Dans un communiqué dont l’AFP se fait écho, la Hadopi a indiqué que cette distribution de 260 000 dépliants au total aura lieu durant les deux derniers Week End du mois d’Août : “une présence lors des deux plus importants week-ends de retour de vacances permet de toucher le grand public et de s’adresser à toute la famille “.

La Hadopi passe donc à la vitesse supérieure avec sous les ailes du mot « pédagogie » un rappel sur son fonctionnement et des peines mise en place, la négligence caractérisée est en effet sanctionnée  par 1 500 € d’amende et éventuellement une suspension d’accès pendant un mois de son abonnement à internet avec obligation de continuer de faire face à son abonnement.

Bref, nous assistons à la mise en place de la « peur du gendarme ».

Jérôme Gianoli

Journaliste issu d’une formation scientifique. Aime l'innovation, la High Tech et le développement durable. Soucieux du respect de la vie privée.

Un commentaire

  1. Un artiste pour Hadopi, rien de plus normal.

    J’aime bien le passage “cette belle loi” qui dans sa première version c’est fait laminer par le conseil constitutionnel en bafouant l’un des plus importants articles de la déclaration des droits de l’homme… cela en dit long sur les députés qui ont voté pour, sans prendre conscience de la gravité de leur geste.

    Je me demande comment ils peuvent être encore à leur poste ne sachant pas si une loi est correcte ou pas face à notre constitution, c’est leur travail, non ?. C’est un peu comme un garagiste incapable de réparer une voiture, comment peut-il rester garagiste ?

    Certains avancent qu’ils ont voté les yeux fermés, ce serait encore plus grave car là il n’y a plus de démocratie.

    « Une belle loi » votée de nouveaux par ces mêmes personnes, il y a de quoi se poser des questions. Ils ont peut être appris « la constitution » en quelques semaines entre les deux votes.

    Un artiste capable dénoncer « une belle loi » m’inquiète car une œuvre n’existe que par le partage. Il ne faut pas être diplômé de grandes écoles pour le comprendre… Si personne ne prend conscience de son existence, ce ne peut être un œuvre car le nombre indique, par le temps, sa pertinence, son poids, sa beauté. Si un œuvre n’est pas partagée mais gardée jalousement elle reste une simple création personnelle.

    De plus et entre nous, vous êtes musicien classique et vous avez accepté que depuis plusieurs années, les supermarchés vendent des CD en face des petits poids, un spectacle navrant montrant l’étendue de votre bisness honteux. Les plus importantes fortunes sont aux mains d’artistes. Un film est vendu au cinéma puis sur VHS ensuite avec l’arrivée du DVD, sur ce support, puis en blu-ray et maintenant en Blue-ray 3D, à la télé nous sommes obligé de ce taper de la pub tout cela car l’œuvre ne nous appartient par, mais il faut appliquer la même chose au reste de l’économie.

    Pour chaque voiture achetée, elle nous appartient pas (le design, la beauté des courbes c’est de l’art, je suis désolé) et pour chaque kilomètre on devrait reverser de l’argent à son constructeur ainsi que pour chaque revente et payer également une taxe pour le covoiturage (copie privée !!).

    A « Une belle loi » quand il s’agit de défende un modèle bisness unique ou un œuvre en rentable pour plus de 80 ans, je comprends… je comprends que vous avez rien d’un artiste, un vrai, celui qui pousse la foule à aller le voir sur scène, d’essayer de comprendre ses sensations lorsqu’il joue, d’appréhender ses peurs, ses désirs ou tout autre sentiments et non de se ruer comme des imbéciles sur des montagnes de CD, DVD et autres. Ce n’est que de la consommation de masse sans grand intérêt.

    « L’artiste est celui qui nous montre le monde du bon du doigt » et non qu’il nous le vend…je vous laisse, vous devez surement enregistrer, en tant qu’ARTISTE du Mozart enfin de le graver une nième fois pour le revendre encore, encore et encore. Je n’aime pas ce que vous défendez.

    Le monde change, les mentalités évoluent et vous êtes sur le bord de la route a conserver précieusement vos créations. Quand quelqu’un vous montre la lune du doigt, vous devez surement regarder son ongle, non ?

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