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L’industrie de la mémoire prévoit des investissements prudents en 2026

Une offre toujours sous tension

Les acteurs du marché de la mémoire continuent d’adopter une stratégie de prudence. Selon les dernières analyses les investissements dans la DRAM et la NAND Flash ne seront que modérés en 2026 malgré la remontée des prix moyens (ASP) et une meilleure rentabilité.

En clair la production de “bits” ne devrait pas bondir. La prudence semble de mise avec des fabricants privilégiant l’optimisation technologique et l’expansion ciblée des capacités plutôt qu’une croissance massive de la production.

TrendForce - Evolution des investissements dans la production de DRAM et NAND Flash
TrendForce – Evolution de 2022 à 2026 des investissements dans la production de DRAM et NAND Flash

Des investissements ciblant la DRAM et la HBM

Dans le secteur de la DRAM (mémoire vive), les dépenses globales devraient atteindre 61,3 milliards de dollars en 2026, soit une hausse de 14 % par rapport à 2025. Micron sera l’un des acteurs les plus dynamiques. Son budget devraient atteindre les 13,5 milliards de dollars soit une hausse de 23 %. l’objectif sera le nœud “1-gamma” et l’expansion des équipements TSV. De son coté SK Hynix prévoit d’investir 20,5 milliards de dollars (+17 %) afin d’étendre la capacité de production d’HBM4 de son usine M15x. Le géant Samsung portera ses dépenses à 20 milliards de dollars (+11 %) pour renforcer également sa production de HBM sur des procédés de gravure plus avancés (1C).

Si à première vue ces chiffres sont réconfortants, la situation reste délicate. La capacité des salles blanches restera limitée, prévient TrendForce. Samsung et SK Hynix pourront à peine élargir leurs lignes, tandis que Micron attend la mise en service de son usine américaine ID1, prévue pour 2027 seulement. Du cout, la croissance de l’offre en DRAM restera marginale en 2026, un contexte qui ne favorisera pas les baisses de prix.

NAND Flash : la prudence domine, sauf chez Kioxia et YMTC

Côté mémoire NAND Flash (puce utilisée par les SSDs par exemple), la tendance est similaire. Les dépenses d’investissement devraient passer de 21,1 milliards à 22,2 milliards de dollars, soit une progression d’un petit 5 %. Il y a cependant quelques exceptions du coté de chez Kioxia/Sandisk et YMTC. Ces acteurs misent sur une stratégie offensive. Le duo nippo-américain prévoit une hausse de 41 % de ses investissements pour soutenir la production de BiCS8 et la recherche sur BiCS9.

Micron devrait également augmenter ses dépenses de 63 % pour développer les procédés G9 et renforcer sa présence sur le marché des SSD d’entreprise.

Une demande portée par l’IA

Dans son rapport TrendForce souligne que la demande en NAND Flash est désormais structurelle. Elle est entretenue par la croissance rapide des besoins en stockage pour l’IA et par les pénuries de disques durs. De plus en plus de fournisseurs de services cloud (CSP) réorientent leurs commandes vers les SSD d’entreprise, jugés plus performants et plus durables. GinjFo avait déjà tiré la sonnette d’alarme en octobre dernier : L’IA vide les stocks mondiaux de SSD et de RAM.

Source
TrendForce

Jérôme Gianoli

Aime l'innovation, le hardware, la High Tech et le développement durable. Soucieux du respect de la vie privée.

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Un commentaire

  1. “La prudence semble de mise avec des fabricants privilégiant l’optimisation technologique et l’expansion ciblée des capacités plutôt qu’une croissance massive de la production.”

    Soit ils cherchent à augmenter leurs marges, soient ils sentent une explosions prochaine de la bulle IA tant attendue des gros investisseurs de ce monde…

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