Les alimentations SFX ne sont plus des solutions de niche réservées à quelques configurations miniatures un peu exotiques. Aujourd’hui, elles se démocratisent aux catalogues de certains constructeurs comme la nouvelle C850 SFX de NZXT.
Ce bloc avec son format compact se glisse là où une ATX classique ne passera jamais. Du coup, elle ouvre la voie à des machines mini-ITX musclées pensées au millimètre près. Longtemps, le talon d’Achille du SFX était la puissance disponible mais les choses ont évolué. Avec 850 Watts sous le capot et une conformité ATX 3.1, notre C850 SFX propose d’alimenter du haut de gamme dans un petit boîtier sans faire d’importantes concessions sur le GPU ou le CPU.

C’est justement sur ce terrain que GinjFo l’a testé. A l’usage, arrive-t-elle à assouvir les besoins d’un Core i9-10900K accompagné d’une GeForce RTX 4090 ? Sommes-nous devant une alimentation silencieuse et bien équipée ? Ses tensions sont-elles stables ? Est-elle à la hauteur de son tarif recommandé de 159,90 € ?
C850 SFX
L’arrivée de la C850 SFX permet à NZXT de poursuivre l’enrichissement de son catalogue d’alimentation. L’idée est de proposer un premier bloc dont la puissance offre de belles opportunités pour construire une configuration gaming puissante au travers d’un espace compté. Elle promet sur le papier de supprimer la complexité associée aux systèmes SFF au travers d’une alimentation puissante dans une taille compacte.

Sa mécanique répond aux spécifications des normes ATX 3.1 et PCIe 5.1. La présence de trois PCIe 6+2 broches ou d’un 12V-2×6 de 600W garantit le support des GeForce RTX 40 et 50 et des Radeon RX 7000 et 9000 series. Nous avons également une certification 80 PLUS Gold et Cybenetics Platinum assurant un haut rendement limitant le gaspillage énergétique sous forme de chaleur.
Pour la positionner sur le marché, elle se place face aux SF850 de Corsair, V850 SFX Gold de Cooler Master ou encore des Loki-850P SFX-L et Toughpower SFX 850W.

NZXT livre son bloc dans une boite en carton aux dimensions modestes et à ses couleurs. Un cliché dévoile sa silhouette et surtout l’absence de câble. Sa référence C850 SFX Gold s’accompagne de plusieurs icones indiquant une certification 80 Plus Gold, 10 ans de garantie, une conformité ATX 3.1 ou encore d’un connecteur 12V-2×6 et de la présence de condensateurs Japonais 105°C.

Le bundle se compose de la visserie, de petits serres câbles, d’une pochette de rangement et de l’ensemble des différents faisceaux. Le bloc profite d’un châssis entièrement en acier. Le noir domine tandis que le nom C850 SFX est embouti sur les deux cotés latéraux. La robe est simple, pure et sobre tandis que l’usage de vis 6 pans apporte un style industriel. Au format SFX, le bloc affiche des dimensions de 125 x 100 mm pour une hauteur de 63,5 mm.

La grille du ventilateur fait partie intégrante du châssis et le même type d’aération se retrouve à l’avant accompagné d’une fiche secteur.

Bizarrement, il n’y a pas d’interrupteur On/Off. A l’arrière, neuf fiches indique une gestion 100 % modulaire des câbles.

C’est particulièrement pratique à la vue du marché visé, celui des configurations SFF. Le fait de pouvoir ne brancher que le strict minimum permet de limiter le câblage dans le boitier ce qui aide à l’organisation et à la circulation de l’air.
Concernant le câblage, cette C850 SFX s’accompagne d’un ATX 24 broches de 350 mm, d’un 4+4 broches EPS de 470 mm, d’un PCIe 6+2 broches de 470 mm, de deux PCIe 6+2 broches via un unique câble 16 pins PSU de 470 mm, d’un 12V-2×6 600W de 470 mm et de six SATA et 3 Molex.
L’équipement est donc conséquent, permettant de répondre à la majorité des besoins. Par contre, nous avons trois remarques. La première concerne la longueur des câbles. Limitées et étant sur le terrain du Mini-ITX et des boitiers SFF, ce bloc ne peut pas prendre place dans un boitier grande tour. La seconde est liée à l’équipement autour de l’ EPS avec un unique câble 4+4 et non deux. Du coup même avec une puissance conséquente de 850 Watts, son terrain d’épanouissement n’est pas celui de l’overclocking ni celui d’une configuration équipée d’une GeForce RTX 5090. Les câbles sont multibrins ce qui facilite leur manipulation et leur orientation dans un boitier.

Sa fiche technique dévoile une mécanique ATX12V 3.1 et EPS12V 2.92 mono-rail délivrant 70,83A sur le +12V et 20A sur les lignes +5V et +3,3V.
Le refroidissement est confié à un ventilateur PWM de 92 mm capable de se mettre à l’arrêt en cas de faible charge. A pleine puissance (vitesse maximale de 3500 rpm), il assure un débit d’air de 57 CFM pour des nuisances sonores de 41 dBA. Du côté de la sécurité, nous retrouvons plusieurs protections dont l’OVP (Over Voltage Protection), l’UVP (Under Voltage Protection), le SCP (Short Circuit Protection), OTP (Over Temperature Protection), l’OPP (Over Power Protection) et l’OCP (Over Current Protection).
Protocole de test
Configuration de test
- Carte mère : Asus ROG Maximus XII Extreme
- Processeur : Core i9-10900K,
- RAM : 4 x 8 Go de DDR4-3200 Dominator Platinum RGB (Pas d’XMP)
- Carte graphique : GeForce RTX 4090 Gaming OC de Gigabyte,
- Dissipateur : NH-D15 Chromax.Black de Noctua,
- Stockage: MP400 2To de Corsair,
Nous avons relevé plusieurs données :
- Les fluctuations du +12V et du +5 Volts à l’aide de deux voltmètres digitaux à plusieurs endroits,
- Les valeurs du PFC,
- Les nuisances sonores,
- La consommation électrique globale de la configuration de test.
Le PFC et la consommation électrique sont mesurés à l’aide d’un Wattmètre digital lors de plusieurs exercices : au repos tout d’abord avec le système d’exploitation chargé, mais sans aucune activité, puis lors d’un test processeur et GPU à 100% de sa charge. Chaque test est répété trois fois et la moyenne est calculée. Nous utilisons l’utilitaire OCCT (Test Power).
ATTENTION. Les consommations maximales sont relevées sans que la technologie Thermal Trottling ne soit active. Les besoins de notre Core i9-10900K se situe entre 285 et 290 Watts tandis que ceux de la carte graphique (RTX 4090) se situent entre 445 et 450 Watts.
Vous trouverez aussi une évaluation du coût financier et environnemental sur une année de notre plateforme de test (processeur, carte mère, carte graphique…).
C850 SFX, les performances.
Fluctuation des tensions.
Malgré son format SFF, nous l’avons mise à l’épreuve avec une plateforme gaming ATX ayant deux composants très gourmands. Le Core i9-10900K est capable d’engloutir 290 Watts contre 445 Watts pour notre GeForce RTX 4090. Avec 8400 Watts sous le capot, la C850 SFX est sollicitée dans ses derniers retranchements.
Elle n’a jamais faibli ou dévoilé une faiblesse durant l’ensemble de nos tests et surtout en phase de burn intensif durant 10 minutes.

Sur la question de la stabilité des tensions, tout est parfait puisque la ligne +12V est sous la barre des 0,4% contre 0,55% pour la ligne +5V et 0,81% pour la ligne +3,3V. Nous retrouvons en gros le bilan de la SF1000 de Corsair.
Valeur du PFC
Cette valeur est encadrée par la certification 80 Plus. Son objectif est d’assurer une dépollution du réseau électrique en limitant le renvoi d’harmoniques. Plus l’alimentation assure un PFC proche de 1 et plus elle est considérée comme un bloc « propre ».

Joli bilan sur ce critère puisque la valeur du PFC se situe, selon le niveau de charge, entre 0,86 et 0,98. C’est parfait. Le C850 SFX se permet en raison de sa puissance de faire un peu mieux que la SF1000.
Remarque.
La PFC, ou Power Factor Correction se réfère à la correction du facteur de puissance dans un circuit électrique. Ce dernier est une mesure de l’efficacité avec laquelle l’énergie électrique est utilisée. Il est défini comme le rapport de la puissance active (en watts) à la puissance apparente (en voltampères). Un facteur de puissance idéal est de 1, ce qui signifie que toute l’énergie fournie par la source électrique est utilisée de manière efficace pour effectuer du travail.
Dans un tel contexte l’efficacité globale du système électrique est optimale ce qui réduire les coûts liés à la consommation d’énergie.
C850 SFX, bilan environnemental
Nuisances sonores.

Au repos, le ventilateur est à l’arrêt si bien que le bloc est inaudible. Il n’y a aucun bruit. En charge par contre aux regards de notre configuration de test, la C850 SFX est poussée à son maximal pendant plus de 10 minutes. La montée de la température est inévitable si bien que le ventilateur de 92 mm grimpe en régime. Malheureusement face à la SF1000 qui se situe entre 80 et 85% de sa puissance maximale, la C850 SFX à 100% se montre bien plus bruyante. La barre des 50 dBA est dépassée avec notre sonomètre. Le souffle est là .
Consommation

La certification 80 Plus Gold limite le gaspillage énergétique. La consommation de notre plateforme de test se situe selon son niveau de charge entre 77 et 843 Watts. Avec sa certification 80 Plus Platinum, le SF1000 de Corsair permet de gagner 16 watts en burn.
Coût financier et empreinte carbone annuels
Enfin terminons notre test avec une évaluation du cout d’exploitation de notre plateforme sur une année et son empreinte carbone de fonctionnement.
Notre base de travail est une utilisation quotidienne de 6 heures par jour, 365 jours par an avec un tarif de 19,52 cts € TTC le kWh facturé.

L’indicateur EDF, en gramme d’équivalent CO2 pour la production de 1 kWh, est fixé à 9,46 grammes (période de juillet 2024 à juillet 2025).

Il est synonyme du taux de rejet de gaz à effet de serre induit par la production de l’électricité consommée.
Notre base de travail est une utilisation quotidienne de 6 heures par jour, 365 jours par an avec un tarif de 19,52 cts € TTC le kWh facturé.
Le cout financier d’exploitation de notre plateforme se situe à l’année entre 33 et 360 € pour une empreinte carbone de fonctionnement entre 1,6 et 17,5 kilogrammes d’équivalent CO2.
Conclusion
Au travers de cette C850 SFX, NZXT réussit à proposer 850 Watts, une conformité ATX 3.1 et un connecteur 12V-2x6 dans un bloc très compact. A l’usage, l’alimentation encaisse sans broncher une plateforme très exigeante, avec des tensions stables et un PFC de belle facture. Pour qui vise une configuration mini-ITX haut de gamme, c’est un socle solide et rassurant, capable d’alimenter des GPU et CPU très gourmands. Cependant, le bruit à forte charge est là. Poussée dans ses retranchements, la ventilation devient audible et dépasse ce que proposent certains concurrents plus généreux en rendement et en puissance. Enfin avec un seul câble EPS et des longueurs de faisceaux pensées pour le SFF, elle se destine aux petits boîtiers et n’est pas taillée pour l’overclocking lourd ou les configurations extrêmes. Au final, la C850 SFX remplit toutefois sa mission en proposant de la puissance dans un petit espace accompagnée d’une modularité bienvenue pour le câble management face à des boitiers ou chaque cm compte. À 159,90 €, elle s’adresse aux machines SFF musclées qui veulent du haut de gamme sans passer au SFX-L ou à l’ATX.C850 SFX
Performance
Nuisances sonores
Prestation / Prix





