Dans ce dossier, nous nous sommes intéressés au MPG CORELIQUID P22 360 W de MSI. C’est un système de refroidissement liquide clé en main pour les processeurs. Disponible en noir ou en blanc, il s’arme d’un équipement conséquent afin de se démarquer.
Sur le papier, tout est là pour profiter d’un AIO complet et performant avec un radiateur de 360 mm, trois ventilateurs aRGB de 120 mm CycloBlade 7 montés en série et surtout un écran de 2,1 pouces au niveau du waterblock. Le bundle comprend même un cache pour dissimuler les fixations autour du socket.

Nous l’avons mis à l’épreuve avec notre plateforme de référence. Elle s’appuie sur un Core i9-13900K que nous poussons progressivement au-delà des 300 watts de consommation. À l’usage, est-il redoutable en refroidissement ? Arrive-t-il à canaliser son bruit, généralement présent avec un AIO de cette taille ? Enfin, est-il à la hauteur de son tarif et parvient-il à se démarquer de la concurrence ?
MPG CORELIQUID P22 360 W
Il est livré dans une boîte de taille classique pour un AIO de 360 mm. Sur fond noir, elle met en avant deux de ses aspects : l’aRGB de ses trois ventilateurs et son écran. En latéral, vous trouverez toutes ses spécifications. Malheureusement, MSI a collé un important autocollant cachant ces précieuses informations. De plus, il ne faut pas compter sur une documentation, il n’y en a pas. En clair, pas de données techniques et pas d’information sur l’installation et la mise en route…
En revanche, à l’arrière de la boîte, nous trouvons quelques informations comme la présence d’un écran équipé d’une dalle IPS de 2,1″, des tubes EPDM, des ventilateurs préinstallés, le support de montage unifié et des ventilateurs CycloBlade.
Le bundle propose le nécessaire en matière de visserie pour son installation. Par contre, il n’y a aucune explication, aide ou manuel. À la place, MSI propose de numériser un QR Code. Ce n’est pas la première fois que nous pointons du doigt cette absence de manuel. C’est un vrai défaut car, même si la procédure est assez simple, elle nécessite des actions sollicitant la carte mère, le processeur et le boîtier.
L’opération reste donc délicate et passer son temps sur un smartphone à scroller pour trouver la bonne page, tout en espérant que sa mise en veille ne va pas s’activer, n’est vraiment pas le meilleur choix dans ce contexte. Le pire est peut-être la nécessité de s’identifier pour rouvrir son smartphone avec de la pâte thermique dans une main et le waterblock dans l’autre.
Pour revenir à la visserie, elle se compose de 12 vis pour ventilateur, 12 vis pour le radiateur, de quatre entretoises pour socket Intel LGA 1700 ou 1851, de quatre entretoises pour sockets AM5 ou AM4 d’AMD, d’un petit tube de pâte thermique, d’une plaque arrière Intel, de quatre vis à ressort et d’un cache en plastique.
Le radiateur en aluminium est au format 360 mm dans le sens où il accueille trois ventilateurs de 120 mm. Sa structure est un réseau dense d’ailettes de forme sinusoïdale (20 FP) traversées par plusieurs canaux chargés de faire circuler le liquide de refroidissement.
Il communique avec le waterblock à l’aide de deux tuyaux d’environ 390 mm en caoutchouc EPDM. Des têtes pivotantes sont utilisées pour faciliter l’orientation lors du montage.
La robe du waterblock profite d’un plateau supérieur circulaire en verre protégeant une dalle IPS de 2,1 pouces.
Elle assure une définition de 540 × 540 pixels et propose un taux de luminosité de 300 bits.
À l’opposé, c’est-à-dire sous le waterblock, nous retrouvons une base en cuivre sans vis.
Les trois ventilateurs sont des CycloBlade 7 de MSI.
PWM, ils turbinent entre 500 et 2000 rpm. À plein poumon, ils assurent chacun un débit d’air de 62,6 CFM pour une pression statique (force avec laquelle l’air est poussé) de 2,36 mm H2O et des nuisances sonores de 31,1 dBA.
Exploitant un roulement Rifle Bearing, ils sont annoncés avec une espérance de vie de 40 000 heures à 40 °C.
Leur aRGB est de première génération et, pour améliorer le rendu et simplifier l’organisation des câbles, ils sont montés en série en exploitant une connectique non standard, hormis en terminaison afin de pouvoir les brancher au CPU Fan de la carte mère. Nous avons ici un classique 4 pins.
Enfin, le waterblock se présente avec des dimensions de 71,63 x 69,47 x 77,61 mm. Il se connecte à l’AIO_PUMP de la carte mère, mais aussi à une en-tête USB 2.0 afin de personnaliser l’affichage de l’écran. De son côté, le radiateur a des dimensions de 394 x 119,2 mm pour une épaisseur de 27,2 mm.
Protocole de test.
- Carte mère : ROG MAXIMUS Z790 Hero
- Processeur : Intel Core i9-13900K
- Stockage : SSD Radeon R7 240 Go d’AMD
- Mémoire : 2 x 24 Go de DDR5-7300 CL36 Trident Z5 RGB
- Carte graphique : GeForce RTX 3060
- Alimentation : NZXT C1500 Platinum
La température du processeur est relevée par voie logicielle via l’application l’utilitaire Extreme Tuning Utility d’Intel. Les nuisances sonores sont mesurées par un sonomètre placé à 25 cm face radiateur. Les tests sont exécutés à l’air libre afin de faire abstraction des performances du boitier. Nous montons progressivement en charge (+10%) les ventilateurs et la pompe (si cela est possible) jusqu’ à leur vitesse maximale.
Nous introduisons un nouveau protocole en stabilisant le Package TDP du processeur (un Core i9-13900K) à différentes valeurs (65W, 95W, 125W, 170W, 220W, 250W, 285W, 330W). Dans cet exercice tous les systèmes de refroidissement sont à leur plein potentiel. De plus nous travaillons avec le delta de température. L’objectif est de connaitre les performances de refroidissement en fonction de la charge du processeur tout en ayant une idée des capacités de dissipation thermique maximales.
Le montage
Nous ne reviendrons pas sur l’absence de manuel. Pour notre plateforme, l’opération est rapide. Le socket LGA 1700 nécessite une plaque arrière.
Elle se consolide à la carte mère à l’aide de quatre entretoises. Elles ont un sens facilité par deux filetages d’épaisseurs différentes.
Après avoir appliqué de la pâte thermique sur l’IHS du processeur, le waterblock se positionne et l’ensemble se fixe à l’aide de quatre vis à ressort.
Pensez à visser progressivement et surtout en croix. Il n’est pas nécessaire de préparer le radiateur puisque les trois ventilateurs sont montés en sortie d’usine et déjà connectés les uns aux autres.
Il ne reste plus qu’à alimenter tout ce petit monde en connectant au CPU_FAN le trio de ventilateurs et à l’AIO_PUMP le waterblock. N’oubliez pas non plus de brancher le connecteur USB à une en-tête USB 2.0 de la carte mère. Par contre, la longueur du câble est trop courte pour passer par le haut de la carte mère puis rejoindre une en-tête compatible par l’arrière. Du coup, il est obligatoire de l’acheminer par l’avant, ce qui n’est pas joli.
De plus, avec notre carte mère, le cache ne peut pas s’installer. La générosité des radiateurs VRM entourant le socket entre en conflit. Elle empêche également de positionner le waterblock avec des tuyaux orientés vers les modules mémoire.
C’est pourtant une orientation facilitant une installation avec le radiateur monté sur le haut du boitier.
Gestion de l’écran

La personnalisation ne passe pas par le hub logiciel de MSI, le MSI Center. Il faut télécharger une application spécifique nommée EZ Display.

La page Home affiche un suivi de différentes données, dont des températures, des fréquences, des vitesses (ventilateur, pompe) ou encore des tensions et des taux d’occupation. Le logiciel n’a pas détecté la vitesse de la pompe.

Pour personnaliser l’écran, il faut se rendre dans Screen Setting. Vous pouvez définir un arrière-plan parmi quatre modèles natifs et importer votre propre modèle. Il est possible de mettre en place une rotation d’images et d’informations.

Le logiciel propose de personnaliser les polices, les couleurs des polices ou encore les informations affichées. Enfin, la maintenance n’est pas oubliée avec un module pour mettre à jour le firmware.

Si l’application se montre rapide et agréable à l’usage, elle souffre aussi de quelques bugs, mais rien de condamnable. De futures mises à jour apporteront probablement les correctifs nécessaires.
Performances de refroidissement

Dans notre représentation graphique, plus une courbe est basse, plus les performances de refroidissement de l’AIO sont importantes. Si, jusqu’à 220 watts, le MPG CORELIQUID P22 360 se positionne dans la moyenne, il prend ensuite une avance pour se positionner à la troisième place des solutions les plus efficaces, juste derrière les HydroShift II OLED-Curved 360P28 et NL-LC1-36.
À 330 watts, il n’arrive plus à suivre. Notre Core i9-13900K est victime du Thermal Throttling, sa fréquence baisse pour contenir sa chaleur et les performances chutent. Par contre, à 285 watts, là où de nombreux ventirads déclarent forfait, il parvient parfaitement à maîtriser les besoins de notre processeur.
Nuisances sonores

Sa courbe a besoin d’être interprétée avec certaines précisions. Jusqu’à 55 % de sa vitesse maximale, son bilan est plutôt dans la moyenne haute. Ses nuisances sonores font partie des plus élevées, mais attention. Jusqu’à 40 %, nous sommes sous la barre des 35 dBA. En clair, il n’y a pas de bruit. Il est difficile de l’entendre et ses ventilateurs restent très discrets. À partir de 50 %, il devient audible mais reste silencieux.
Ensuite, il joue à égalité avec le Light Loop IO LCD 360 entre 70 et 90 %, au travers d’un profil sonore parmi les plus discrets de notre comparatif. Enfin, à 100 %, il poursuit son offensive en décrochant la première place des AIO de 360 mm les moins bruyants !
Conclusion

| Points positifs | Points négatifs |
| Écran IPS 2,1 pouces | Pas de manuel papier |
| Bon refroidissement jusqu’à 285 W | Câble USB du Waterblock trop court |
| Nuisances sonores | Cache socket |
| Connectique ventilateurs non standard |
MPG CORELIQUID P22 360 W
Performance de refroidissement
Nuisances sonores
Equipement / Finition
Fonctionnalités
Ce MPG CORELIQUID P22 360 W est une belle surprise. MSI propose un AIO 360 mm complet, bien équipé et visuellement réussi. Pour un PC Gaming, il a de solides arguments avec son écran IPS de 2,1 pouces, ses trois ventilateurs aRGB CycloBlade 7 préinstallés et son design disponible en noir ou blanc. Le montage est simple. En revanche, l’absence de manuel papier est regrettable pour un produit de ce niveau. Le câble USB du Waterblock est aussi trop court pour un cheminement propre dans notre configuration, tandis que le cache fourni n’a pas pu être installé en raison des dissipateurs VRM de notre carte mère. Côté refroidissement, le bilan est là. Jusqu’à 220 W, l’AIO se place dans la moyenne, puis il prend l’avantage à plus forte charge. À 285 W, il parvient encore à maîtriser notre Core i9-13900K, là où de nombreuses solutions Aircooling montrent leurs limites. À 330 W, en revanche, le Thermal Throttling s’active. Son meilleur argument reste le bruit. Les ventilateurs sont discrets à faible et moyenne vitesse, l'ensemble se distingue à plein régime en devenant l'AIO 360 les moins bruyants de notre comparatif.

















