En matière de stockage, les SSD NVMe PCIe sont rapidement devenus des acteurs importants des configurations PC rapides et réactives. Sur ce terrain, les grands acteurs se livrent une bataille musclée afin de décrocher les premières places en matière de débits et de capacités.
Dans ce dossier, GinjFo vous propose une étude complète d’un petit monstre signé Kioxia, l’Exceria Pro G2 dans son édition de 4 To. Au format M.2 2280, il promet d’exploiter la bande passante assurée par quatre lignes PCIe 5.0. Sa fiche technique annonce du musclé avec une mécanique capable de titiller les 15 Go/s en lecture séquentielle.

À l’usage, sommes-nous devant LE SSD du moment, la référence à ne pas manquer pour faire le bon choix ? Les débits sont-ils vraiment à la hauteur ? Ses besoins en refroidissement demandent-ils de la prudence et un équipement en conséquence ?
Exceria Pro G2 4 To
L’Exceria Pro G2 est un SSD NVMe PCIe 5.0. Nous sommes devant une solution au format M.2 2280. Ce nombre fait référence à ses dimensions, avec un PCB (circuit imprimé) de 22 mm de large contre 80 mm de long. Son épaisseur est de seulement 1,5 mm, tandis que son poids ne dépasse pas les 8 grammes.

Il est livré dans une petite boîte en carton noire et rose sombre. Si elle propose un aperçu du SSD, elle ne donne pas beaucoup de données techniques, seulement quelques informations comme la prise en charge de la norme NVMe 2.0d ainsi que du PCIe 5.0, sans oublier une garantie de 5 ans, une capacité de 4096 Go, soit 4 To, un débit maximum de 14 900 Mo/s et la présence de puces mémoire BiCS Flash.
Du côté du bundle, c’est… vide, avec le SSD d’un côté et un petit guide de démarrage. Il propose quelques informations généralistes sur son installation dans un PC. Par contre, Kioxia insiste sur un point, celui de la température. À l’usage, le SSD présente des zones très chaudes, notamment au niveau du contrôleur. Il n’y a pas de recommandation côté refroidissement, mais tout ceci pousse à penser qu’il faut absolument l’équiper d’un dissipateur pour ne pas être victime de la protection Thermal Throttling.
Cette dernière se déclenche si la température est trop élevée. Elle abaisse les performances pour contenir les besoins en refroidissement.

En sortie de boîte, il s’accompagne seulement d’une étiquette qui intègre une petite feuille de cuivre pour faciliter les transferts de chaleur.

Son PCB est de couleur noire et nous avons des composants que sur un seul côté.
L’équipement comprend deux puces mémoire BiCS Flash TLC 3D 232 couches exploitées par un contrôleur SMI SM2508 épaulé par 4 Go de mémoire cache LPDDR4. Tout ce petit monde exploite une interface PCIe 5.0 x4 et répond aux contraintes de la norme NVMe 2.0d.

Concernant les performances, il est promis un débit maximum de 14,9 Go/s en lecture séquentielle contre 13,7 Go/s en écriture séquentielle, pour des scores IOPS de 2 300 000 en lecture aléatoire et 1 950 000 IOPS en écriture lors de la manipulation de fichiers 4K.
Son endurance est évaluée à 2400 TBW tandis qu’il s’accompagne d’une garantie de 5 ans.

Sur le site du constructeur, il est possible de télécharger l’utilitaire SSD Utility. Il permet d’avoir un regard en temps réel sur l’état du SSD (température, capacité), de mettre à jour son firmware, de vérifier sa durée de vie ou encore de s’assurer qu’il exploite la bonne interface pour des performances maximales.
En parallèle, une fonction d’effacement sécurisé des données est de la partie pour restaurer le disque SSD dans son état non initialisé afin d’empêcher toute récupération de données importantes.
Protocole de test
Configuration
- Carte mère : ROG MAXIMUS Z690 HERO,
- Processeur : Core i9-12900K,
- Mémoire : Kit 2x 16 Go DDR5-4800 MHz CL40 (DDR5 Ripjaws S5 DDR5 de G.Skill),
- Carte graphique : GeForce RTX 3080 Ti Founders Edition de Nvidia,
- Unité de stockage principale : SSD Crucial BX300 480 Go,
- Unité de stockage secondaire : MP700 Elite 2 To monté sur l’emplacement Hyper M.2_1 de la carte fille ROG Hyper M.2 connectée sur le slot PCIEX16(G5)_2. Il fonctionne en PCIe 5.0 x4,
- Alimentation : HX1000i de Corsair.
Le système d’exploitation est Windows 11 Pro (64 bits). Nous avons effectué une batterie de benchmarks synthétiques et de mesures de performances sous différents logiciels. Un test de copie est accompli sur la même partition avec un dossier comportant
- 2680 photos pour une taille globale de 16.1 Go (Photos),
- 15739 fichiers pour une taille globale de 345 Mo (Petits fichiers),
- ISO de 67.8 Go.
Performances théoriques
CrystalDiskMark 8.0.1 x64.
Ce benchmark évalue les vitesses de lecture et d’écriture de différents supports de stockage comme les disques durs classiques, les SSD, les cartes SD ou encore les clés USB. Dans notre cas, nous avons procédé à une mesure des débits séquentiels et aléatoires sur un espace d’un Go de données. Une moyenne est calculée après cinq tests.

Nous avons des résultats très solides avec un débit de 14,2 Go/s en lecture séquentielle et 12,7 Go/s en écriture. Il se positionne comme le deuxième SSD le plus rapide de notre comparatif. Le MP700 Pro XT 2 To de Corsair occupe la première place avec une faible avance. Les deux SSD ont des prestations très proches.

Les choses se compliquent lors de la manipulation de petits fichiers. Les débits s’effondrent aussi bien en lecture qu’en écriture. Avec des valeurs respectives de 110 Mo/s et 316 Mo/s, l’Exceria Pro G2 occupe la deuxième place en lecture et la dernière en écriture.

Du côté des scores IOPS, nous relevons des scores de 2016K et 1526K dans la manipulation de fichiers 4K en lecture et écriture aléatoires. Ces chiffres le placent à la deuxième place du classement, juste derrière le MP700 Pro XT 2 To.
ATTO.
ATTO 4.00.0f2 est un logiciel de test évaluant les débits en écriture et en lecture en fonction de la taille des fichiers, de 512 B jusqu’à 64 Mo. Mis sous forme de graphique, les résultats sont très parlants.

En lecture, le débit maximal est obtenu avec des fichiers de 4096 Ko et plus, tout en étant victime d’un trou dans la montée progressive des débits. En effet, nous avons un plateau entre 64 et 512 Ko. En clair, le débit stagne. Il se situe aux alentours de 7,3 Go/s. À partir de 1024 Ko, l’Exceria Pro G2 prend la main sur toutes les autres références sans toutefois venir inquiéter le MP700 Pro XT, qui reste intouchable. Son débit maximal en lecture est de 12,6 Go/s.

Le profil en écriture est différent. La courbe est tout d’abord moins chaotique. Elle traduit une montée en charge progressive en fonction de la taille des fichiers pour décrocher un palier à partir de 128 Ko, où le débit maximal est presque atteint. Une nouvelle fois, nous avons un bilan juste derrière le MP700 Pro XT et un SSD occupant la deuxième place quelle que soit la taille du fichier. En écriture, le débit maximal est de 11,6 Go/s.
Performance gaming
3DMark – Storage Benchmark
Nous retrouvons ici une évaluation des performances d’un SSD dans un contexte de jeu.
Exceria Pro G2 4 To – Performance en gaming
Ses prestations sont solides puisqu’elles lui permettent d’être le deuxième SSD le plus rapide en changement de jeux et en enregistrement de jeux. Par contre, le bilan est moins bon en installation de jeu, où il occupe la dernière place, tout comme en sauvegarde de jeu. En déplacement, nous avons un débit de presque 5 Go/s, ce qui ne lui permet pas de briller face à la concurrence.
Performance en bureautique
PCMark 10
PCMark 10 est un logiciel de benchmark dédié à l’environnement PC standard sous Windows 10 et 11. Il lance des charges de travail modernes et améliorées face à PCMark 7, son aîné. Nous avons un ensemble complet de tests qui couvre la grande variété de tâches effectuées et de nouveaux benchmarks liés au stockage.
Exceria Pro G2 4 To – Score PCMark 10
Aucune mauvaise surprise. Avec un score global de 6833 points dans un contexte plus « bureautique » et « usage courant », l’Exceria Pro G2 occupe la seconde place juste derrière le MP700 Pro XT. Nous retrouvons le classement observé dans nos différents tests théoriques.
Temps de décompression d’une archive
Dans cet exercice, nous avons le cumul des performances en lecture et en écriture. Nous travaillons avec des temps, si bien que le chiffre le plus faible représente les meilleures performances.

Il nous faut 37 secondes pour accomplir cette tâche, là où elle demande 32 secondes avec le MP700 Pro XT ou 33 secondes avec le MP700 Pro. Du coup, l’Exceria Pro G2 4 To se positionne au niveau de son aîné, l’Exceria Pro 2 To.
Voici les temps nécessaires à la copie de différents types de fichiers sur la même partition.

Ces exercices confirment une tendance observée progressivement au fil des benchmarks. L’Exceria Pro G2 est particulièrement performant avec de gros fichiers, sans toutefois égaler les prestations du MP700 Pro XT 2 To.
Les choses se compliquent avec des fichiers plus modestes, où ses prestations en lecture pénalisent le bilan global. D’un certain point de vue, ce n’est pas une surprise à l’analyse de la courbe des débits enregistrée avec ATTO, où il perd sa seconde place lors de la manipulation de fichiers entre 64 et 512 Ko.
Température.
Enfin terminons sur la question du refroidissement. Corsair recommande fortement de l’équiper d’un dissipateur thermique. En général, les cartes mères haut de gamme sont armées en conséquence.

Dans notre cas, la carte fille ROG Hyper M.2 est équipée d’une imposante plaque supérieure en aluminium.

Dans ces conditions, sa température est parfaitement maîtrisée. Selon le niveau de sollicitation, le delta de température se situe entre 7 et 21 °C.

Conclusion
Exceria Pro G2 4 To
Performance
Refroidissement
Prestation / Prix
Cet Exceria Pro G2 4 To est un SSD NVMe PCIe 5.0 taillé pour les configurations haut de gamme. Si sa fiche technique impressionne, nos tests confirment en grande partie ses promesses. En lecture comme en écriture séquentielles, il se place parmi les références les plus rapides du moment, avec des débits capables de dépasser les 14 Go/s en lecture et les 12 Go/s en écriture. Pour le transfert de gros fichiers, le chargement de jeux ou les usages lourds en production, il offre un haut niveau de performances. Tout n’est cependant pas parfait. Il accuse quelques faiblesses avec les petits fichiers, en particulier en lecture avec des fichiers entre 64 et 512 Ko. Certains tests pratiques, comme l’installation ou la sauvegarde de jeux, confirment ce comportement plus contrasté. Il brille surtout lorsque les fichiers deviennent volumineux, mais se montre moins dominateur dans les usages plus fragmentés du quotidien. L’autre point de vigilance concerne le refroidissement. Kioxia livre son SSD sans dissipateur, seulement avec une étiquette intégrant une fine feuille de cuivre. Au regard de ses performances et de son interface PCIe 5.0, il faut impérativement l’associer à un radiateur efficace afin d’éviter toute baisse de régime liée au Thermal Throttling. Enfin coté prix, son tarif atteint des sommets face à une marché sous fortes contraintes liées à l'IA et les centres de données.




Cela reste néanmoins une évolution logique et prometteuse du marché, où des acteurs comme Kioxia contribuent à pousser l’innovation tout en intensifiant la concurrence sur les capacités et les débits.
Le dossier met bien en lumière la course actuelle aux performances dans le stockage PC, où les SSD NVMe PCIe 5.0 repoussent clairement les limites en matière de débit et de réactivité.