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Piratage informatique : des millions d’euros de crédits carbone dérobés.

Il faut vivre avec son temps et rechercher l’argent là où il se trouve. Des pirates informatiques ont organisé une opération massive de phishing afin de dérober une quantité importante de certificats d’émission de CO2.

Il y a quelques jours, un groupe de hackers a mis sur pied une opération de phishing visant de nombreuses sociétés européennes, néo-zélandaises et japonaises. En Allemagne par exemple, plus de 2000 e-mails ont été envoyés. Sous la fausse identité de la “German Emissions Trading Authority” (DEHSt), l’organisme allemand en charge des échanges de quotas d’émissions carbone, le courrier demandait aux entreprises visées de récréer leur compte.

Le lien pointait bien évidement vers un site Web frauduleux. Les hackers ont alors exploités ces données pour transférer rapidement des quotas d’émissions CO2 vers d’autres comptes (Danemark et Grande-Bretagne) d’où ils ont été rapidement revendus.

Il faut savoir qu’en matière d’environnement, il y a une limite en termes de rejet de gaz à effet de serre qu’une entreprise ne peut pas dépasser. Dans le cas où ceci n’est pas possible, des crédits carbone sont mis en vente par de sociétés qui sont moins polluantes. En Europe, 8 millions de tonnes d’émission de CO2 ont été commercialisées pour un montant de 130 milliards de dollars en 2009.

Les premières estimations, rien qu’en Allemagne, mettent en lumière des sommes importantes de l’ordre de 1,5 millions d’euros de perte rien que pour une seule entreprise tombée dans le piège. Les crédits dérobés ont été revendus pour un montant non divulgué. Les acheteurs, qui ont probablement cru que ces transactions étaient légitimes, n’ont pas été nommés.

Une enquête est en cours.

Ceci n’est pas le premier exemple d’attaque sur des marchés liés à l’environnement. Il y a un an des pirates ont pénétré certains serveurs du gouvernement brésilien afin de voler des autorisations d’exploitation de bois dans la forêt tropicale brésilienne pour un volume de 1,7 millions de m3.

Cette escroquerie sur les certificats d’émission de CO2 n’a pas qu’une conséquence financière. Elle a entravé aussi les négociations de crédits carbone en Europe, qui sont considérés comme un outil important dans la lutte contre le changement climatique.

Source : spiegel.de

Jerome G

Journaliste issu d’une formation scientifique. Aime l'innovation, la High Tech et le développement durable. Soucieux du respect de la vie privée.

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